Multiplication (cours du 18 mars 2006)

Association du Conservatoire National du Chrysanthème Paul Lemaire

 

                                                                                             

Cours du 18 Mars 2006 au CTM

 

 

Multiplication du Chrysanthème

Par une matinée froide mais ensoleillée de nombreux adhérents ont assisté au premier cours de l’année sur la multiplication du chrysanthème

 

1)   Les Pieds-Mères

Les Pieds-Mères conservés pour la continuation de la culture ont été placé au mieux en serre ou sous châssis, véranda ou plastique à l’abri, à une température aussi fraîche que possible mais hors gel. Maintenus ainsi tout l’hiver avec autant de lumière et d’aération que possible et sans humidité excessive, les drageons apparaissent au printemps.

Il ne faut pas conserver les drageons qui sont «  montés » en automne et les supprimer à ras de terre, ils donneraient de très mauvaises boutures. Selon ses possibilités il est conseillé de chauffer le local où sont situés les Pieds-Mères à une température d’environ 10° afin d’accélérer la pousse des boutures dès fin janvier. Cette opération s’avère nécessaire pour les Hautes-Tiges qui doivent être bouturées tôt. L’amateur pourra prendre les boutures  jusqu’en avril-mai pour les variétés des autres groupes, la longueur du jour et l’ensoleillement provoqueront naturellement la « montée »  des boutures.

La multiplication doit impérativement se faire sur des Pieds-Mères sains, indemnes de maladie (rouille brune et blanche en particulier) et insectes (trips, pucerons, araignées rouges). En cas de doute, il faut traiter quelques jours auparavant avec les produits phytosanitaires appropriés.

 

2)   Le bouturage

Le mois de mars annonce le printemps mais aussi le début des cultures de nos chrysanthèmes, au conservatoire nous choisirons ce mois pour bouturer la plupart des variétés, cependant et comme l’écrit « Paul Lemaire », l’époque du bouturage est un facteur qui influence directement la hauteur des chrysanthèmes. Plus la bouture est faite tôt, plus la plante sera forte et haute, réalisée plus tard la plante sera plus basse et moins volumineuse, ceci concernant en particulier les Hautes-Tiges uniflores.

Pour le groupe des hautes-Tiges, on doit bouturer de février au 15 mars. Pour les autres variétés des groupes alvéolés, spiders, potées on peut bouturer jusqu’en avril-mai.

Pour les chrysanthèmes cascades, pompons il faut faire les boutures le plus tôt possible car cela augmente le nombre de ramifications ultérieures.

 

3)   Comment bouturer ??

Il faut utiliser un greffoir avec une lame bien tranchante et faire une coupe franche sous un nœud. Il est conseillé de tremper la lame dans de l’alcool dénaturée surtout après la coupe des boutures d’un Pied Mere à l’autre.

Au Conservatoire les boutures sont réalisées par groupe du même genre, il est important de séparer au repiquage les variétés de reprise rapide (ex : Albert Lebrun) et celles de reprises lentes (ex : Miss R.C Pulling). Les boutures à tige mince mais non étiolées sont à préférer aux grosses boutures très charnues qui reprennent très difficilement. Le bourrelet se forme plus vite sur bois tendre que sur bois aoûté. Apres avoir coupe la bouture dont la longueur sera de 5 à 6 cm, on enlève les feuilles en ne gardant que celles situées à l’extrémité et suffisamment développées pour assurer la photosynthèse. Il faut ensuite noter sur une étiquette la variété, la date du bouturage avant de passer aux boutures suivantes.

 

4)   Le compost, le repiquage

Il faut savoir qu’une bouture ne « racine » bien que dans un sol relativement pauvre, surtout ne jamais bouturer dans un sol contenant un engrais chimique récent ou autre fumure fraîche. Paul Lemaire utilisait un mélange formé d’1/3 de terreau de feuilles décomposées, 1/3 de sable assez fin, 1/3 de tourbe à laquelle il ajoutait 5 à 10 gr de craie en poudre par litre pour réduire son acidité. Aujourd’hui on utilise des terreaux boutures-semis tout prêts en sacs avec un PH (potentiel hydrogène) de 5.5 à 6, perméable et sain, composés en majorité de tourbe blonde.

Nous utilisons pour le repiquage des plaques de 140 alvéoles de 2cm de diamètre. On plante la bouture à l’aide d’un crayon après y avoir fait un trou de 2 à 3cm de profondeur et on scelle la bouture avant de l’arroser. L’utilisation qui facilite l’enracinement n’est pas nécessaire pour le chrysanthème qui s’enracine très bien.

On peut multiplier ces chrysanthèmes en petits godets places les uns à côte des autres dans une caisse mais aussi en pot en repiquant plusieurs boutures le long de la paroi de celui-ci.

Il est préférable de placer ces boutures à une température supérieure  de 4 à 5° par rapport aux Pieds-Meres (12 à 15°) et de les « mettre à l’étouffé » en disposant un plastique transparent, léger maintenu par des petits tuteurs au dessus des plantes afin que la bouture ne fane pas.

Ces boutures s’enracinent au bout de 2 à 3 semaines sauf pour quelques variétés de Haute-Tige Uniflore que l’observation nous aura amener à regrouper. Ces boutures seront brumisées ou arrosées sans excès, si besoin, jusqu’à l’enracinement et le voile plastique enlevé dès que ces jeunes plantes auront émise leurs premières racines.

 

5)   Autres modes de multiplication :

 

·         Le semis à cette méthode utilisé par les obtenteurs chrysanthemistes à pour but la création de nouveauté après hybridation.

·         Le prélèvement de drageon -> au printemps on peut prélever les drageons issus des Pieds-Meres avec quelques racines à l’aide d’un couteau. Ces drageons reprennent facilement en pots.

·         L’éclat de touffe -> cette méthode permet, à partir d’un Pied-Mere défini, d’obtenir plusieurs pieds pour multiplier une même variété.

 

Bon Bouturage à Tous nos Adhérents et Rendez-vous le 29 Avril pour l’empotage aux Serres Municipales.

Daniel Lefèvre