Les modes de multiplication assexuée

 

Division de touffes

Procédé de multiplication le plus simple, sans être le plus aisé ; le principe est simple, il suffit de déplanter la touffe de chrysanthème et de séparer ou couper le sujet en plusieurs fragments qui seront ensuite replantés. Sur de nombreux cultivars, il est préférable de conserver que les rameaux périphériques, plus vigoureux.

Vous pouvez diviser les touffes à froid après floraison ou en mars/avril. Les jeunes plants ainsi obtenus seront replantés directement au jardin, en pot ou mis en pépinière en attendant un nouvel emplacement.

Ce mode de multiplication est généralement utilisé pour propager les touffes de plantes vivaces dont les systèmes racinaires sont plus ou moins traçants.

 

 

Bouturage

Le bouturage est sûrement le meilleur mode de multiplication, le plus sûr, et le plus en usage. Pour y procéder, il importe de conserver des pieds-mères.

Apres floraison, rabattez les touffes au niveau de la terre et hivernez-les deux ou trois mois sous châssis près du vitrage. A défaut de matériel vitré, enfoncez les pots dans le sol à l'abri du froid et de l'humidité ; couvrez-les de paille ou de panneaux de bois que vous enlèverez dès que les pousses se développeront.

Les pieds-mères devront être hivernés sous abris froids (coffres, châssis, serre froide, véranda…) afin de les abriter du gel. Les coffres et les châssis seront protégés avec des paillassons horticoles (1 paill. par tranche de 5°)

Afin d’obtenir des départs solides et vigoureux, le local de stockage devra être clair et aéré au maximum pour limiter les risques de pourriture. Les jeunes pousses se développant en milieu confiné risquent de s’étioler  ou de se mettre à fleur.

Durant la période hivernale, les arrosages seront réduits, le chrysanthème ayant tendance à se mettre en repos végétatif à des températures inférieurs à 14°c.

La mise en végétation se fera au fur et à mesure de la saison en fonction de l’utilisation des chrysanthèmes (12/01 : cascades, uniflores ; .02/04 : potées ; 04/05 :fleurs coupées)

Le mise en végétation se fait en élevant les températures, en reprenant les arrosages, la fertilisation et en augmentant éventuellement la durée du jour de manière artificielle. La reprise de la fertilisation vise à corriger les manques en oligo-éléments et à favoriser le système racinaire (apport engrais 10-50-10)

Cette mise en végétation doit s’accompagner d’une surveillance accrue des parasites qui vont trouver également un milieu favorable

 

En janvier février, mettez les pied-mères en végétation, soit sur la tablette d'une serre, soit sur couche tiède, près de la lumière. Evitez de les placer sous une tablette de serre où le manque de lumière donnerait des pousses pâles, étiolées, impropres à donner de bonnes boutures. De même, il faut éviter de prélever des boutures sur les pousses de l’année précédente, celles-ci ne donneront pas de belles fleurs.

Du 1er février au 1er mars, choisissez les boutures parmi les pousses les plus vigoureuses ; coupez au-dessous d'un œil, de façon qu'elles aient 10 cm de longueur : Supprimez les feuilles du bas ; placez les boutures dites de tête ; ainsi préparées sur couche tiède, dans une terre riche, perméable et à 6 cm en tous sens.

Si vous n'avez pas de matériel vitré, commencez le bouturage quand les fortes gelées ne sont plus à craindre, en fin mars avril ; à ce moment vous pourrez faire la multiplication en plein air en abritant toutefois les boutures du soleil.

Si certains cultivars se montrent très généreux lors des repousses, les cultivars à grandes fleurs, les spiders et certains alvéolés ne fournissent que quelques rameaux. Une bonne connaissance de ses plantes est donc utile pour gérer son stock de pieds-mères.

Si les professionnels, ont tendance à cultiver spécialement leurs PM, les amateurs utilisent généralement les plants qui ont fleuri. La sélection visera à ne conserver que les pieds les plus vigoureux. Ceux-ci seront étiquetés individuellement afin d’éviter les confusions.

Au titre du bouturage, il est plusieurs sujets qui donnent lieu à discussion : l’utilisation des hormones de bouturage.

Personnellement, après de nombreux essais, il ne me paraît pas nécessaire d’utiliser des hormones hormis pour quelques cultivars à enracinement difficile. Je pense que la sélection de boutures de qualité et la période de bouturage permettent d’obtenir des résultats proches de 100% de réussite. Sur certains cultivars, l’utilisation d’hormones entraîne la production de cals volumineux qui entravent l’émergence des jeunes racines.

Dernier point, les hormones sont considérées dans certains pays européens comme présentant des risques pour la santé et à ce titre pourraient disparaître du commerce, comme de nombreuses autres spécialités phytosanitaires.

 

Besoin de couper les feuilles

Encore un point ou les cultivateurs sont souvent en désaccord.

Si l’on coupe les feuilles, c’est pour réduire le volume foliaire, cette coupe est également une porte d’entrée pour les parasites. Personnellement, je préfère supprimer complètement une feuille supplémentaire plutôt que d’en couper plusieurs.

 

 

Drageonnage

Ce mode de multiplication figure parmi les plus simples, mais il présente plusieurs inconvénients. Tout d’abord, les cultivars ne produisent pas tous de grandes quantités de drageons, certains n’en fournissant que trois ou quatre par pied, ce qui reste un facteur limitant en production.

Indépendamment, des faibles quantités produites, le drageonnage a un second inconvénient. Tous les drageons n’auront pas la même vigueur et on peut noter de grandes différences entre différents pieds.

Cela reste un bon moyen de propagation pour le jardinier qui ne possède pas d’endroit ou placer ses boutures. Si au lieu, de couper les jeunes pousses aériennes, on sectionne plus profondément, on constatera que les tiges sont déjà racinées. Ce sont en quelque sorte des boutures racinées.

Il reste un dernier point à préciser qui peut être considéré comme avantage ou inconvénient selon la culture envisagée : les drageons drageonnent. Si ce phénomène est intéressant pour des sujets multiflores ou des chrysanthèmes pour massifs, cela peut devenir une gène pour des cultures en uniflore.