Chine 2010/1

De retour en France, après quelques jours en Chine, pour le 2e congrès international sur les chrysanthèmes. Ce congrès était associé à la 10e exposition nationale chinoise et la 28e exposition de chrysanthèmes de la ville de Kaifeng.

Kaifeng (Henan), est une ville située tout près du fleuve jaune et à quelque 80 kilomètres de Zhengzhou. Ancienne capitale impériale, Kaifeng connut son apogée sous la dynastie des Song du Nord (926-1126).

C’est aujourd’hui une ville d’assez grande importance (juridiction de tout près de cinq millions d’habitants) qui présente la grande particularité d’être une des villes chinoises ayant conservé son patrimoine architectural et d’avoir le mieux résisté à la modernisation.

     

Si une bonne part des habitations traditionnelles de la ville ont été préservées, leur entretien n’est pas une priorité. Se promener dans les rues de Kaifeng procure la sensation d’avoir fait un saut dans le passé, si on oublie un peu les affiches publicitaires et les lignes électriques.

Cette ville reste un centre religieux multiculturel de première importance. Si Kaifeng reste réputée comme la ville des juifs de Chine, on y trouve aujourd’hui une grande communauté musulmane, plusieurs temples bouddhistes et taoïstes.

Kaifeng est également réputée pour sa vie nocturne, son marché de nuit est l’un des plus fameux de toute la Chine. Des visiteurs des environs de Kaifeng, de Zhengzhou et même de toute la Chine viennent ici uniquement pour goûter aux spécialités locales.

En passant devant ces nombruex stands illuminés, il est difficile de ne pas résister à la tentation, encouragé par les appels des vendeurs et les bonnes odeurs.

 

 

 

 

Ce marché tient sa réputation des nombreuses spécialités locales : entre autres les petits pains farcis à la viande ou aux légumes (baozi), la soupe de sésame (zhima duowei tang) et les brochettes épicées (yangrou chuan ) les poissons grillés, les soupes sucrées, le thé aux amandes, les compotes de poires... cuisinées directement dans les rues sur de petits fourneaux ambulants.

Pour les plus téméraires, rendez vous sur les stands spécialisés dans la soupe au sang de poulet. Plus classiquement, les amateurs de viande, tenteront les grillades de poulet, de bœuf ou de mouton ou bien les raviolis (jiaozi).

Plaisir des yeux, des papilles et stimulation des neurones pour mettre un nom sur les différents ingrédients. Difficile épreuve de reconnaissance de végétaux, sur des stands aux nombreux champignons et aux fruits et légumes peu utilisés chez nous. Il existe ici un dicton qui résume bien cette ville : « Kaifeng est une fête pour les yeux et les papilles, grâce à ses innombrables vestiges historiques et ses mets délicieux ».

Kaifeng est un endroit riche en culture et en histoire, si vous vous rendez dans les vieux quartiers, vous verrez que les bâtiments ne dépassent jamais les 3 étages, car creuser trop profond pour les fondations risquerait de détruire les restes de l'ancienne ville.

Dans la ville de Kaifeng, les chrysanthèmes ont une très longue histoire. Les premières traces remontraient ainsi aux dynasties du Nord (420-580), mais ce fut sous les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911) qu’ils connurent leur apogée.

L'empereur Qianlong de la dynastie Qing a composé des poèmes à la gloire des chrysanthèmes.

Cette année, se déroulait conjointement la 28e exposition de Kaifeng ainsi que la 10e exposition nationale de chrysanthèmes. Ce festival est devenu un événement majeur pour l’activité touristique de Kaifeng. Les nombreux touristes venus spécialement, peuvent ainsi s’émerveiller devant les chrysanthèmes traditionnels ou les nouveautés présentées pour l’occasion. Cette exposition qui dure un mois entier, regroupe 61 villes, qui représentent 21 provinces, régions autonomes ou municipalités.

Comme pour les autres expositions chinoises, tout nous semble démesuré, Ainsi pour cette exposition, ce sont près de 1,45 millions de pots de fleurs qui forment les aménagements paysager : des arbres, des dragons, des paons, des lions et d'autres modèles en chrysanthèmes embellissent les différentes zones d’exposition. Cette exposition, joue également un rôle important dans le développement économique de la ville, l’an passé, ce sont près de 18 millions de visiteurs qui sont venus admirer ces nombreux décors. Ces nombreux visiteurs ayant généré près de 6 milliards de yuan de recettes.

Cette année, le congrès rassemblait près d’une centaine de personnes, majoritairement chinoises. Les étrangers formant un petit groupe de 7 à 8 personnes. L’Australie était représenté par Dennis Maher, le Royaume uni par Margaret et Ivor Mace, la Pologne par Ewa Dankowska et Tadeuzs Baranowski, le Japon par Katsuhiko Sumitomo et la France par moi-même.

A compté du Jeudi 15 octobre, les quelques étrangers conviés au congrès arrivèrent au compte goutte. Arrivé le premier, jeudi en fin d’après midi, je fus suivi en milieu de nuit par Margaret, Ivor et Dennis qui arrivaient d’Australie. Le lendemain matin arrivèrent Ewa et Tadeuzs qui arrivaient de Pologne, puis Katsuhiko venant du Japon.

Pour être honnête, il me faut remercier les étudiants de l’Université de Kaifeng, qui ont assuré auprès de nous, les rôles de guides, d’interprète et « d’ange gardien ».

 

Helen & Leonce Christmas, Lulu, Fern & Jenifer

Deux équipes d’étudiants se sont ainsi succédées pour nous accompagné durant les quelques jours à Kaifeng.

Pour notre première visite à Kaifeng, nous avons pris la direction du Millenium City Parc. Au premier abord, ce parc a un petit côté Disney World tant le parc est commercial avec ses spectacles et ses pavillons de divertissements.

Le parc, également appelé Qingming Riverside (paysage de jardin) s’étend sur une superficie d’environ 45 hectares. Le site se compose de plusieurs ensembles architecturaux situés à différents endroits autour d’un lac immense.

 

 

À l’entrée, on y retrouve cette grande statue du célèbre peintre Zhang Zeduan qui tient dans ses mains un rouleau de papier peint qui mesure plus de 5m de long et 25 centimètres de large. Il représente les scènes d’un jour de fête dans une ville commerçante. Il a été très souvent copié et reproduit.

Après l’entrée, on peut apercevoir des lieux pittoresques tels que City Gate Tower, Rainbow Bridge, de beaux palais et une grande pagode

Dans l’enceinte du parc, de nombreux palais, ponts et jardins sont soigneusement disposés et forment un ensemble très intéressant .

Un pavillon majestueux semble si grand qu’il paraît toucher aux nuages. C’est la raison pour laquelle on lui a donné le nom de Fuyun (en fouettant les nuages).

Un autre lieu pittoresque appelé Rainbow Bridge est un endroit bien connu dans le parc. C’est une réplique de l’un de dix ponts de bois anciens. Le pont a cinq mètres de hauteur. Le premier pont fut construit en 1050 et reconstruit en 1998. Il a quatre colonnes de neuf mètres, deux à chaque extrémité. À chacun des sommets, le sens du vent est indiqué par une grue blanche assise sur un disque mobile.

Des deux côtés du pont « Rainbow Bridge », on peut assister à de nombreux spectacles sur les coutumes populaires. Environ 1000 employés en vêtements traditionnels sont là pour accueillir et divertir les visiteurs.

Dans les rues du parc, on retrouve des acrobates, des spectacles de marionnettes, des combats de coqs et même des cérémonies de mariage. Le thème des spectacles prend l’allure des coutumes populaires présentes et passées. On y découvre aussi de l’artisanat traditionnel allant de la broderie à la main, la création d’animaux en sucre, aux gravures sur bois et porcelaine et ainsi de suite.

Au cours de l’après midi, j’ai eu l’occasion de me faire remarquer. N’ayant pas d’activité prévue, on nous a donc demandé de rester dans nos chambres. Pour ma part, je n’ai pas pour habitude de rester enfermé après avoir fait plus de 10000 km. J’en profitai donc pour aller visiter la vieille ville. Panique à bord, j’ai été récupéré par les étudiants qui nous servaient de traducteurs. Attention, vous ne devez pas partir seul, pour votre sécurité !

Le lendemain, congrès international, les interventions se suivent durant toute la journée. En règle générale, celles-ci sont alternées, un chinoise suivie d’une étrangère.

Pour ma part, je passe en second et présente la situation de l’horticulture française et le marché du chrysanthème en France. Les autres sujets sont plus ou moins techniques.

A partir du lundi, nous avons changé de groupe d’étudiantes. Christmas, Jenifer, Fern et Lulu prirent le relais pour nous piloter dans Kaikeng. Durant 3 jours , nous avons donc pu visiter les différents monuments de la ville

La pagode de Fer (Tie ta) : cette tour octogonale de 13 étages fut élevée en 1049, sous les Song du Nord, pour remplacer un ouvrage en bois, détruit par le feu, qui avait reçu des reliques du Bouddha. D’une hauteur de 55,88 m, elle est bâtie en briques vernissées dans des tons de brun foncé et de vert, ce qui lui donne l’aspect du fer rouillé. Les briques sont décorées de plus de 50 motifs différents représentant des bouddhas, des bodhisattva, des dragons, des qilin, des fleurs, des Apsara, des Gandharva, etc...

 
Tie Ta       Détail des briques

Seule la moitié de notre petit groupe s’est lancée dans l’ascension des 13 étages. Décommandé aux claustrophobes, et aux personnes fragiles, les marches irrégulières ne facilitant pas la montée ni la descente d’ailleurs.

Du haut, de la pagode, belles vues sur la ville, le jardin et l’université.

Autre visite intéressante, celle de la maison des guildes du Shanxi, Shaanxi et Gansu (Shanshaangan Huiguan) : cette ancienne guilde (huiguan) fut créée vers le milieu du 17ème siècle à l’emplacement de la résidence de Xu Da, un général d’époque Ming. Magnifiquement restaurée, elle conserve les tours de la cloche et du tambour, un beau mur écran et différents bâtiments, dont une salle de théâtre présente dans la plupart des guildes. Tout les ouvrages possèdent un prodigieux décor sculpté : bandeaux de toiture taillés dans le bois (certains avec des chrysanthèmes), corniches en briques moulées.

 

 

 

 

Autre visite passionnante, le temple bouddhiste Da Xiangguo Si construit en 555. Premier sanctuaire du pays, ce temple fut sous la dynastie Song, le plus célèbre de Kaifeng et l’un des dix temples des plus important dans le développement du bouddhisme en Chine.

Dès l’entrée, on est surpris par la magnifique architecture et la disposition du temple. Les structures existantes ont été principalement construits sous la dynastie des Qing (1644-1911). Les bâtiments sont alignés sur un axe central Nord-Sud avec des bâtiments annexes construits symétriquement des deux côtés.

Dès l’entrée, vous pouvez voir la Tour de la Cloche et la Tour du Tambour comme dans la plupart des temples bouddhistes. La cloche suspendue ici pèse cinq tonnes et mesure 2,23 mètres de hauteur. Ses échos sonores résonnent dans toute la ville, surtout en hiver. Xiangguo Shuang Zhong (le beau son de la cloche par une froide journée) est l'un des Huit Scènes de Bianjing (aujourd'hui Kaifeng).

A l'intérieur du Hall des rois célestes, siège Maitreya ou Milefo (Bouddha riant), un gros Bouddha au large sourire, sa poitrine et son ventre exposés au public. Les quatre rois célestes sont respectivement debout à côté de Maitreya.

Derrière Maitreya se trouve la statue d'un général appelé Wei Tuo, le dieu protecteur du bouddhisme.

Derrière le Hall des rois célestes se trouve le grandiose Daxiongbaodian Hall (Hall de Sakyamuni, ou Bouddha du présent), le hall principal du temple. Trois Bouddhas sont vénérés ici. Sakyamuni assis au milieu, Amitabha (Emitofo, guide du Paradis de l'Ouest) et Bhaisajyaguru (Yaoshifo, le Dieu de la médecine).

La structure la plus remarquable dans le temple est l'Arhat Hall. A l'intérieur, de l'imposant pavillon octogonal se trouve une statue en bois de Bodhisattva Avalokitesvara, qui a été taillé dans le tronc d'un énorme gingko ou arbre aux quarante écus (银杏 yínxìng en chinois), pendant le règne de l'empereur Qianlong de la dynastie des Qing. Les quatre côtés de la statue sont de la sculpture même. De chaque côté, se trouvent six grandes mains et trois à quatre rangées de petites mains disposées en éventail, avec un oeil sur chaque paume. Soit un nombre total de 1048 mains et autant d’yeux.

Le dernier bâtiment est magnifique pavillon à deux étages où sont conservés les sutras ainsi qu’un Bouddha en jade blanc de Birmanie .